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15 novembre 2010

Faites vos jeux, rien ne va plus !

En décidant avec l’homme de ne pas demander le sexe de notre premier bébé et de jouer donc la carte de la surprise en fin de course, on pensait sincèrement que le plus dur pour nous serait de « tenir » la distance face à notre curiosité. La patience n’était déjà pas notre fort à l’époque (et cela ne s’est pas arrangé une fois bébé arrivé d’ailleurs, enfin c’est un autre sujet…), alors l’idée de passer des mois sans SAVOIR, c’était un peu un défi.


Mais on ne voulait pas faire comme les autres. On voulait vraiment montrer que réellement pour le premier : on s’en contrefoutait du sexe et on ne le disait pas seulement : ainsi on le prouvait !
Le souci c’est qu’on n’imaginait pas à quel point on passait pour des extraterrestres, des inconscients, voir des fous !
Je crois qu’on a eu le droit à toutes les remarques des plus « matériels » :

« Mais quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? Mais comment c’est possible de ne pas vouloir savoir avant ?????? Comment vous allez faire ???!!!!! »
Pour ?
« Ba pour choisir les couleurs de la chambre, les vêtements tout ça quoi ! »
Ah ! ça !… Ba il y a de très jolies couleurs mixtes hein. Et puis comme ça, on n’achètera pas 15 tonnes de trucs inutiles à l’avance!

Au plus glauque :
« Mais il faut me le dire à moi (la future arrière-grand-mère) au cas où je ne serai plus là à la naissance ! »

En passant par les plus vicieuses :
« En fait, vous savez, mais vous ne voulez pas le dire aux autres c’est ça !? »

NON BORDEL ON VEUT JUSTE AVOIR LA SURPRISE LE JOUR J !

Tant est si bien qu’on a fini par devenir de grands comiques et par répondre aux « alors c’est quoi ? »
Par des … « on ne sait pas, un truc encore jamais vu, les plus grands scientifiques sont en train de faire des examens complémentaires » ou directement « un alien »
Et puis à supporter l’insupportable…
Les visions, paris, ou autres certitudes basées sur des indicateurs scientifiques proches de la sorcellerie.
La porte ouverte au grand n’importe quoi. Pendant environ 3 mois. De la part de tout le monde.
Si : tout le monde.

Évidemment, la concierge, qui a chaque matin le chic pour vous choper dans le hall afin de vous prodiguer ses derniers conseils et vous faire part de l’expérience hautement passionnante de la fille de la voisine du 5e gauche, de sa belle-sœur (la pauvre, son accouchement a duré 36h – elle a dû accoucher d’un éléphant) et de cette femme passée au 13h de TF1 l’autre jour (juste avant Amour, Gloire et Beauté)… C’est à la concierge que vous devez d’ailleurs toute l’étendue de vos connaissances sur la grossesse et la délivrance. Concierge qui, dois-je le rappeler… ? n’a pas eu d’enfant. (Pas étonnant vu sa tronche ce qu’elle raconte : plus négatif, angoissant et gore, tu peux pas)
La concierge en est donc certaine : c’est un garçon ! Ventre rond et devant (sans déconner !!!!! vraiment ! putain j’avais pas vu !!!)
(Je la soupçonne d’avoir regardé le contenu de notre poubelle pour lire l’avenir mais je n’ai pas de preuves)

Mais aussi la pharmacienne avec qui malheureusement vous devez rester aimable, car « arrivée d’un nain au foyer » signifie « visite hebdomadaire minimum à la pharmacie ».
Pour elle c’est sûr : c’est une fille ! D’ailleurs, elle prend le pari (parce que ce n’est quand même pas courant les parents qui jouent la surprise, ouh les coquins) et offrira un petit panier garni à la petite princesse (doliprane, serum phy, mouche bébé et tétines roses) dès son arrivée.
Belle maman, elle, nous trouve fatiguée, c’est donc un garçon. Une bonne copine nous trouve en super forme : c’est une fille.
Mais La palme du « de quoi je me mêle bordel, occupe-toi de tes fesses » revient officiellement au :

Roulement de tambours
Réparateur de chez Darty (pas n’importe lequel, celui spécialisé en matériel de GROS électroménager)
Tadin

Venu réparer mon lave-vaisselle, outil plus qu’indispensable, exéquo avec la machine à laver, pour une future working maman parisienne, il a passé une demi-heure à me prouver par A + B (divisé par C’) que c’était un garçon. Tout était là : la position du bébé (un peu basse à son goût d’ailleurs, il me fallait me reposer un peu), le ventre pointu (gné ?), l’état de mon grain de peau. C’est un garçon ma bonne dame ! Félicitations !
Merci

Cloé est née le 14 janvier 2005, par césarienne ,avec 3 semaines d’avance. Elle pesait 2kg700 et jusqu’au bout les sages femmes, l’anesthésiste, l’obstétricienne ont joué notre jeu. Avec respect. Et admiration, car en effet, c’est assez rare parait-il ! Elles m’ont demandé quelques secondes avant ce que moi je pensais avoir. J’ai dit fille. Comme quoi… L’homme en salle d’attente s’est entendu dire : « votre bébé est en couveuse là-bas, on vous laisse regarder par vous-même ! On n’a pas encore mis de couche ! »

Par E-Zabel

Grosse, moi?

Bonjour mes petits clous !

J’ai passé un peu plus d’un an et demi, jour et nuit, week-end inclus, sur ces deux projets.

A part l’impulsion initiale pour laquelle j’ai eu besoin d’un coup de pouce (bon, c’est une expression, hein), je me suis ensuite débrouillée toute seule, assistée cependant par des spécialistes dans leur domaine pour quelques comités de suivi ponctuels et lors de la livraison finale.

Ca n’a pas toujours été facile. Et surtout, ça ne s’est pas exactement passé comme on me l’avait dit. Mais au final, c’est resté dans mon esprit comme les deux aventures les plus incroyables que j’ai pu vivre…

J’ai adoré mes grossesses, surtout la seconde. Pour tout dire, pour la première, j’avais un peu trop appliqué le conseil que l’on donne aux femmes enceintes, à savoir « il faut écouter votre corps ». Et donc, j’ai passé ma grossesse entière à me demander quelle tare de naissance annonçait la soudaine douleur dans le petit doigt de pied gauche que j’avais ressentie à 15h32, ou autres trucs du même genre.

Enfin, tout ça, d’après mon mari. Moi, je ne me souviens que de l’épanouissement et de la sensation de plénitude que je ressentais. Et de quelques autres petits détails aussi, que j’ai tenu à partager avec vous…

Petit bilan des choses glamour à savoir avant de tenter l’aventure vous aussi

1) Les modification corporelles

Seins : Pouvoir enfin acheter du bonnet C en boutique, c’est l’Avantage de la grossesse pour les petits seins, vous n’avez même pas idée. Pouvoir lancer la phrase « Regardez-moi dans les yeux… J’ai dit dans les yeux ! » est le rêve de toute femme au moins une fois dans sa vie. Mais, on n’a rien sans rien, et on se retrouve avec des lolos qui démangent, qui font mal, qui tirent.

Et puis, le truc, c’est qu’au final, ce qu’on regardera de toute façon chez vous, c’est votre ventre.

Ventre (justement) : C’est LE symptôme de grossesse qu’on attend toutes (et tous, aussi, si si), ce petit ventre tout rond, symbole de cette merveilleuse petite graine qui pousse et qu’on aime déjà dans son petit nid d’amour.

Foutaises. Votre ventre va commencer par faire des bourrelets, il sera toujours trop haut, trop bas, pas assez rond, trop gros, à votre goût. Et que dire de cette injustice criante de la nature, qui lorsqu’elle fait gonfler le ventre, inclus dans le package les fesses, les cuisses, et les joues? Sans parler de l’option vergetures, souscrite par la plupart?

Mais j’exagère un peu. En fait, j’ai toujours aimé mes ventres de femme enceinte. Moi, c’est plutôt l’après qui m’a gêné (et me gêne, encore).

D’ailleurs, tout le monde, à l’exception notable des femmes en désir d’enfant et des mecs bourrés, admire le ventre d'une femme enceinte, tant il est vrai que face à celà, on ressent un pouvoir, une puissance qui transcende les cultures, les générations, et les connaissances scientifiques. Oui, je suis sincère. Pas de chute drôle cette fois.

Peau de bébé: Je n’aurai qu’un mot. 2 en fait. Mon cul.

Pilosité : Autant le dire tout de suite, il faut investir dans une débroussailleuse. Parce que vous croyiez que seuls les cheveux devenaient longs et fournis ?? Laissez-moi rire !!

Après cette entrée en matière, passons maintenant aux choses sérieuses.

2) Les modifications psychiques

La grossesse nous met dans des états aussi intéressants… qu’intéressants au niveau des humeurs.

On passe son temps à se poser des questions. Qui suis-je ? Ou vais-je ? Dans quel état j’erre ?

Je ne sens pas le bébé, c’est grave ? Aimerai-je mon enfant, m’aimera-t-il ? Et faut-il choisir des motifs éléphants ou crocodile dans la chambre ? Pour le 3827ème doudou, je prends un nounours en peluche avec une oreille qui fait pouic-pouic, ou une souris jaune en velours ?

On a aussi des envies. Oubliez l’envie stéréotypée de fraises à 2 heures du matin en hiver, je ne connais personne à qui c’est arrivé. Par contre, se bâfrer de cornichons, manger des tartines sardines/beurre de cacahouète au petit déjeuner, là on est dans le concret !

De manière générale, on peut se mettre à pleurer pour les trucs les plus niaiseux du monde, se sentir le roi (la reine) du monde et l’instant d’après douter de tout, ne plus vouloir qu’on nous touche ou se transformer en bête de sexe. Mais la constante, c’est que jamais, au grand jamais, vous ne saurez dans quel état émotionnel vous serez l’heure d’après.

3) La nourriture

Petit paragraphe spécial, la nourriture, qui devient un sujet d’intérêt majeur lors de la grossesse, comme on l’a vu précédemment. Sachez que vous n’avez le droit de rien manger, et plus encore si vous avez décroché le jackpot: la non immunisation contre la toxoplasmose (ce qui vous fait aussi gagner le droit de passer tous les mois par la case PDS, voir plus loin pour le lexique). Il faut donc écarter soigneusement les crudités et la salade, sauf si vous les faites tremper 3 heures dans un bain d’eau de javel pure. Pas de fromage au lait cru, viande cuisson semelle, poisson avec circonspection et uniquement très cuit, pâtés et autres préparations industrielles à proscrire, légumes bouillis uniquement, pas d’alcool, pas de café ni de thé. Finalement, la seule chose que vous pouvez manger sans vous poser trop de questions, ce sont les pâtes et le riz. MAIS, bien entendu, vous vous devez d’avoir une alimentation équilibrée pour le BIEN de votre enfant !!

4) L’apprentissage

Enfin, et avant-tout, ce qu’on oublie souvent, c’est qu’il va vous falloir ingurgiter un certain nombre de connaissances médicales dans un temps extrêmement restreint, avec examens blancs tous les mois, et épreuve finale à l’accouchement.

Tiens, pas exemple, le vocabulaire. Des mots tels que O’ Sullivan (non, ce n’est pas le nom d’un pub anglais, même s'il y est également question de boisson sirupeuse à avaler dans un temps record, et des possibles conséquences stomacales à court terme), le décompte en SG (semaines de grossesse) et SA (semaines d’aménorrhée), ou autre, n’auront plus de secrets pour vous…

Il vous faudra notamment apprendre que SF n’est pas l’abréviation de Science-Fiction, mais de Sage-Femme. Encore que, la première fois que vous observerez votre ventre bouger, vous vous demanderez réellement dans quel épisode d’ALIEN vous tournez.

De même, PDS veut dire Prise De Sang. Prévoyez de donner environ 9 litres de sang répartis sur les 9 mois de la grossesse, pour des examens aussi divers que variés permettant d’évaluer si le bébé et vous-même êtes en bonne santé, mais aussi de couvrir l’ensemble de la profession médicale en cas de problème quelconque. Vous vous initierez également aux courbes standard de progression de la béta-HCG, hormone sécrétée durant la grossesse. Il faut savoir qu’elle permet aussi et surtout de frimer devant les copines, le but étant d’avoir le taux plus élevé possible. Un peu comme au tri-test lorqu’on a un bon score (mon enfant est un génie !!! Alors que bon, y a pas vraiment de quoi être fière hein, c’est un peu à la portée de la première conne venue. Et en plus, sans qu’elle s’y applique particulièrement).

Avec tout ça, au minimum, à la fin de la grossesse, on devrait avoir gratos avec l’accouchement son diplôme de nutritionniste, celui d’homéopathe et celui de sage-femme.

Mais là où les femmes sont bizarres, c’est que malgré tout ça, et le reste, on est prêtes à resigner.

Allez, je vais arrêter de souscrire à la mode du dénigrement facile. J'ai réellement adoré mes grossesses, malgré les 2/3 inconvénients techniques liés à cet état.

Et vous voulez savoir, pour moi, ce qui représente la grossesse idéale ? La troisième, celle que je n’aurai sans doute pas…

A bientôt mes petits clous !

Valérie de Moi, Je

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Ensuite, c'est une autre histoire...
















Par Astrid.M

Marlène Schiappa & Maman travaille: La Journée de la robe

La grossesse, c'est merveilleux. Amie lectrice, si vous avez déjà vu un "plus" sur votre test Clearblue, vous le savez: enceinte, vous avez des pouvoirs magiques. Vous êtes dotée par exemple du pouvoir d'invisibilité. Invisible dans les transports et les files d'attentes, ou les mémés sont prêtes à faire une course de déambulateurs et à vous tabasser avec leur canne plutôt que de vous laisser passer payer votre citron (citron que vous achetez pour faire passer les nausées). Avec un peu de chance, vous serez invisible à la CAF, à la sécu ou au RSI qui oublieront de vous payer vos indemnités, perdront votre dossier ou vous feront refaire la queue parce que vous n'aviez pas pris le bon ticket.

La femme (enceinte) invisible 

Invisible au travail, quand le boss récapitule les noms des personnes pressenties pour le poste cadre sup: "Alors Jean-Claude, Driss, Paul et Igor." Vous levez la main, vous faites des signes, vous toussez bruyamment, vous criez "moi ! moi ! moi ! ici ! passe !" et vous avez la désagréable sensation d'être de retour en cours d'EPS en 4ème B, quand personne ne voulait de vous dans son équipe de volley et que même l'énorme étudiant Chinois et le geek à lunettes étaient choisis avant vous. (C'est du vécu, oui)
Quand enfin le boss vous entend dire "Euh chef, vous avez oublié quelqu'un ?" avec un sourire Email Diamant, il répond: "Ah ! suis-je bête ! Pardon, je me confonds en excuses... ce n'est pas à cause de ton statut que je dois t'oublier de la liste..." Là, vous vous redressez toute fière en souriant jusqu'à ce qu'il conclue, se tournant vers votre voisin de gauche: "...que je dois t'oublier de la liste, Jean-Mouloud. Tu n'es que stagiaire certes mais après tout pourquoi ne serais-tu pas en course comme les autres ?" . Là, vous vous absentez pour passer un coup de fil urgent (Pleurer dans les toilettes) 

Invisible avec les hommes: même le clan d'ouvriers en bas du bureau qui, d'habitude, vous sifflent à peine un pied mis dehors ne semblent pas vous voir, vous et votre robe rose de grossesse. Vous êtes à deux doigts de rebrousser chemin et de mettre les mains sur les hanches en leur disant "Ben alors, les mecs, quoi ? Même pas un petit "fufufuuu" ou un "hey mademoiselle vous êtes charmante t'as vu ?" Rien ? RIEN ? Sérieusement, vous voulez que je fasse une déprime ? Faites un effort quoi ! "

" S'iiiiil vous plaît, un petit compliment monsieur..."

Vous êtes à deux doigts de vous transformer en mendiante et de prendre un accent roumain (ndlr: n'appelez pas la HALDE) en tendant la main façon je fais la manche dans le métro, et en disant "s'iiiiil vous plaît monsieur... un petit compliment...soyez charitable..." et là, l''un d'eux vous voit enfin et vous dit en levant la tête: " Quoi, vous avez besoin d'aide pour traverser Madame ?" (Madame ! Madame ! Vous pleurez pour la deuxième fois de la journée et il n'est que 9h57) 

Pour toutes ces raisons et pour d'autres que je ne développerai pas ici (comme ça cadeaux mots compte triples, liste non exhaustive: nausées, prises de sang, vergetures, gynéco, émotivité, peurs, jambes lourdes, belle-famille, vertiges, poids, doctissimo, habits de grossesse moches, infirmière qui te parle comme un chien, arrêt de travail, odorat qui te fait repérer le poulet rôti à sept rues, vergetures je l'avais déjà dit mais la première fois je parlais des cuisses et là je parle du ventre) bref pour toutes ces raisons, à 8 mois, j'avais décidé qu'il était temps.

SOS, il y a Kate Moss sous coke dans mon ventre

Il était temps que ma future fille vienne au monde, naisse, montre sa frimousse à sa maman émue, bref sorte de là. Je me sentais dans la peau d'une gérante d'hôtel qui téléphone à ses clients de la chambre 113 pour leur dire "Bonjour, il est midi, et après midi le Mc Morning c'est fini et la chambre doit être libérée, alors partez merci". Sauf que mes clients seraient Kate Moss bourrée et Pete Doherty sous coke, qu'ils auraient saccagé la chambre et me crieraient dans le téléphone quelque chose comme "F*** me I'm famous".


Il me fallait agir. Heureusement, Doctissimo mon meilleur ennemi (d'après qui j'allais mourrir trois fois dans les 24 heures suite à 1/ une ampoule au doigt 2/ une crise de foie 3/ une envie de faire pipi) m'avait préparé une liste de tous les "don't", les choses à ne pas faire pour accoucher prématurément, donc, les choses que j'allais faire pour accoucher au plus vite.


Même prête à faire le ménage !

En 1, faire les vitres. Facile. Je ne fais plus le ménage depuis 1982, année où je suis moi-même sortie du ventre de ma mère. Les vitres disposaient d'une couche de dix centimètres de poussière, crasse, moustiques écrasés et autres matières non identifiées. Très fière de ma trouvaille, je descendis à Shoppi (quand je vous disais que la vie des femmes enceinte était passionnante ?) me battre avec les retraitées déambulatrices pour acheter du produit à vitres. Je passai deux heures à frotter les mains en l'air, le nombril joyeux, debout sur une chaise branlante, les sept fenêtres de l'appartement. Puis j'attendis. Un peu. Beaucoup. Mais rien ne vint.

Kebab-frites-sauce blanche-harissa

La deuxième chose interdite très mal ? Manger épicé. C'était doublement interdit, j'étais suivie par une sage-femme psychopathe de la bouffe qui considérait qu'un pot de Nutella ne constituait pas un dîner équilibré ! (On aura tout entendu.) Bref, guillerette, alors que la délicieuse odeur du kebab-frites, met que je n'avais pas mangé depuis 8 mois à cause de la sage femme suscitée vint chatouiller mon odorat hyper sensible, je plantai là l'heureux futur père pour courrir jusqu'au Döner Kebab "Le Roi de la Frite".

"Bonjour Salam tout ça, deux kebab frites avec sauce blanche ketchup harissa et un supplément piment s'il vous plaît m'sieur c'est urgent. Et pour lui, ce sera juste du blé". dis-je en désignant le futur papa soucieux de son équilibre alimentaire à l'approche de sa crise de la trentaine-quarantaine et en fin de crise de la vingtaine. Mais à part des crampes d'estomac et ce que je pris pour un rot interne du bébé, rien ne vint.

Feu d'artifice

Heureuse nouvelle, en sortant du Kebab, je vis une affiche: "Feu d'artifice ! 14 juillet ! Grande fête ! Sur le pont ! Venez nombreux !" Ce qui signifiait: monde / bruit /  station debout prolongée / donc dans mon esprit de femme enceinte malade, potentiel accouchement. Qu'à cela ne tienne, après les quarante minutes de marche, la promesse de cris, station debout pénible, monde, bruit et chocs thermiques était tenue. Mais de bébé, toujours pas.


Mes nuits étaient désespérément calmes, je n'avais pas ces douleurs que toutes mes collègues futures mamans décrivaient, je ne savais pas compter les contractions et j'avais la sensation que je n'accoucherai jamais. Il faut dire qu'après un début de grossesse cauchemardesque, la suite ne se passait pas si mal. A 5 mois je faisais encore la fête toute la nuit, à 6 mois je passais des concours de nouvelles, à 7 mois je prenais l'avion pour Barcelone; bref, aucun signe ostentatoire d'accouchement imminent.

Vêtue de ma robe rose poudré en bambou Vertbaudet, toujours la même, la seule robe dans laquelle je rentrais et que je portais jour et nuit (et donc, que je ne pouvais plus voir) je me rendis quelques jours après à mon rendez-vous du 9ème mois. Déjà ! J'avais donc passé le 8ème mois à essayer d'accoucher en vain. J'avais un lot de 250 couches taille naissance, deux commodes remplies de vêtements de bébé, une chambre décorée pour elle dans laquelle j'allais me reccueillir chaque soir en lui parlant, et toujours pas l'être humain qui allait avec.


" Ce n'est pas pour aujourd'hui, rentrez chez vous... "

A la fin de ce rendez-vous du 9ème mois, la sage-femme me le garantit: à 100%, je n'accoucherai pas aujourd'hui, il me restait plusieurs semaines "tranquille". Elle me conseilla de rentrer chez moi. je pris mon dossier, ma robe informe rose poudrée, mon futur époux et, dépitée, dégoutée, lassée et fatiguée, je rentrai chez moi en faisant la moue, pensant à ma fille que j'imaginais brune, ronde, chiffonnée, aux yeux noirs et me demandant quand cette peste daignerait pointer le bout de son nez.

It's oh, so quiet, chut, chut.... and you fall in love !

Je ne pouvais pas savoir que le jour-même, peu avant minuit, dans ce qui resterait de ma robe rose poudrée, je ferais la connaissance d'une jolie fille menue, sublime, blonde aux yeux bleus, qui changerait ma vie.

Marlène Schiappa (du blog Maman Travaille)

NB Marlène vient de publier Osez l'amour des rondes, disponible dans toutes les FNAC, Amazon, librairies et cie; elle est co-auteure de J'aime ma famille (Editions Robert Laffont) et de J'aime ma famille, le coffret (Editions Marabout) ainsi que J'aime ma famille, poche, de Loïc Lecanu et Marlène Schiappa (Editions Marabout) Cordialement ?

Cours Futur Papa, cours !


« Dis-moi chéri ? Tu comptais bien venir avec moi au premier cours de préparation à la naissance, hein ?!? »


A cette question, jeune Padawan futur papa, tu devras répondre « Mais bien sûr ma chérie ! Je suis même impatient !!! » et tu accompagneras les mots par un regard guimauve goût fraises des bois.

Pourquoi ?

Primo, parce que tu ne veux pas mettre ta chérie dans une situation de stress profond qui pourrait déclencher en elle des réactions extrêmes.

Deuzio, parce que ça fait partie de ton job. Suffit pas de se faire plaisir avec son élastique en peau  de singe et de déléguer pendant les 9 mois qui suivent, l’air de rien.

Troizio (huhuhu), tu vas bien te marrer après coup. Si si, crois-moi.

Déjà, tu vas passer pour un père impliqué. Toutes les futures mamans du cours de prépa qui n’auront pas réussi à faire venir leur conjoint te regarderont d’un œil bien veillant. Avec les quelques autres pères présents, vous pourrez même vous soutenir télépathiquement.

Allez, comme je suis sympa, je vais te dire grosso modo comment ça va se passer.

La sage femme va se présenter et vous demander d’en faire de même. Bon, là, y’a pas de surprise. Toutes les dames attendent un bébé pour à peu près la même période (c’est même limite stressant si tu espères une chambre seule pour le jour J) et tous les messieurs sont les futurs papas (enfin, tu sais ce qu’on dit hein. Maman certaine, Papa peut être …).


(Sur la photo, c'est Jean-Jacques qui fait le con en nous faisant croire qu'il a confondu sa femme avec son iPhone)

Ensuite, vous aurez surement le droit de faire un tour de la maternité, histoire de repérer les chambres de torture. Regarde bien. C’est là que tu passeras de longues heures à te faire engueuler pendant que ta chérie souffre, pleure, se marre, re-pleure et hurle.

Ensuite, la sage femme vous expliquera le déroulement de la grossesse et de l’accouchement. Elle emploiera des termes techniques, des mots que, jusqu’ici, vous préfériez ignorer comme par exemple « bouchon muqueux », « glaires colorées », « épisiotomie » … Tiens d’ailleurs, en parlant d’épisiotomie, si tu ne sais pas encore ce que c’est, l’explication de la sage femme devrait provoquer en toi un petit frisson d’émoi parcourant ton sillon inter-fessier de mâle fort.

Et puis tu découvriras les questions qui taraudent un peu chaque mère primipare (primipare ça veut dire « qui attend son premier enfant ». T'as vu ? J'suis super calé hein ?) comme par exemple « Comment ça se passe si on fait caca pendant les poussées ? » … oui, cette question figure dans le top 5 des questions posées. La sage femme expliquera qu’elle est habituée et qu’il y a même un petit sac prévu à cette usage sous la table. Là, je te conseille de lutter très fort pour ne pas composer dans ta tête l’image de cette scène ultra-glamour.

Si après tout ça tu es toujours aussi courageux pour assister au deuxième cours de préparation, Madame et toi devriez passer aux exercices pratiques. A cette occasion, tu devrais constater que le nombre de pères présents va decrescendo (ta côte de « super mari » aux yeux des autres mères montera de façon proportionnelle).
Allez zou, tout le monde en chaussettes (pense bien à ne pas mettre une paire trouée ce matin là). Et là on commence par apprendre à respirer. Tu seras certainement déçu de constater que la respiration "du petit chien" est un mythe. Je sais que tu rêvais de faire aussi bien qu’Alain Chabat dans Didier, mais ici c’est la vraie vie. Enfin, la vraie vie … pas tout à fait. Vous allez simuler l’accouchement. Le véritable sera bien plus douloureux pour tout le monde. Y compris pour toi ;)

Dans le dernier épisode vous devriez découvrir des outils de torture tous plus impressionnants les uns que les autres. Par exemple, tu apprendras que ce que tu prenais pour deux immenses cuillères à salade sont en fait des forceps, un merveilleux outil pour aider bébé à sortir. Et puis, tu verras cette immense aiguille … celle qui est utilisée pour la péridurale. Le genre d’aiguille qui te ferait courir plus vite qu’Usain Bolt, surtout après avoir compris qu'on la plante dans la colonne vertébrale … là encore, un nouveau frisson parcourra ton corps.

Voilà Messieurs. Maintenant, vous savez. Mais ne soyez pas effrayés. Cette expérience est enrichissante. Elle est même, à mon avis, incontournable. Car, même si vous n’en avez pas encore pleinement conscience, vous êtes déjà Papa et il est déjà temps d’assurer !

Bon par contre, dernier conseil avant de partir, si tu ne te sens pas trop prêt à couper le cordon le jour de la naissance, pas d’panique. Je te comprends parfaitement sur ce coup là. Nous ne sommes pas tous des docteur Mamour en puissance ! ;)

Par Till the cat

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Et c'est parti pour la dernière ligne droite !








Par Lisa Marcel Isirdi