6 février 2012

Par E-Zabel : Le match médical du suivi de grossesse.

Bienvenue à toutes et à tous pour ce nouveau match. Madame Nulli* capitaine de l’équipe familiale et amicale va donc pouvoir, dans la joie et la bonne humeur (ou pas) affronter pendant 9 mois l’équipe médicale au grand complet.
Le coup de sifflet retentit (Madame Nulli a mal aux seins et a un retard de 2 jours et demi)
L’hymne a déjà été chanté par les éditeurs de livres pour femmes enceintes « la grossesse c’est merveilleux, la grossesse N’EST PAS une maladie. »
C’est parti.
La pharmacienne vend un test de grossesse à Madame Nulli.
Madame Nulli se fait pipi dessus et un peu aussi sur le bâton.
Deux traits apparaissent sur le test, Madame Nulli téléphone immédiatement à la maternité dont elle rêve depuis des mois. Il lui faut son inscription.
Madame Nulli annonce la bonne nouvelle à son chéri : ELLE A SA PLACE À LA CLINIQUE « duplusbelaccoucchement » et … oui, elle est enceinte.
Madame Nulli fait connaissance avec la laborantine qui lui fera ses prises de sang mensuelles. Les deux femmes se regardent. Se jaugent. Nulli sera-t-elle douillette, Laborantine saura-t-elle piquer correctement ?
Oh mais voilà qu’arrive le grand, le beau, le capitaine de l’équipe médicale : le gynécologue. On entend les fans de la tribune nord « doctissimo » crier « gygy gygy », tandis que la tribune sud encourage Nulli qui ne pense qu’à une chose, se voir confirmer sa grossesse par un médecin !
Le premier contact est encourageant. Quel esprit sportif : gygy fait l’effort d’expliquer le principe des visites mensuelles, il donne même un tableau compréhensif à sa patiente avec les dates des échos obligatoires.
Mais catastrophe, il ne veut pas lui donner de suite sa déclaration de grossesse, tellement importante pour Nulli qui voudrait déjà annoncer la bonne nouvelle à son travail (et du coup, bénéficier de la dérogation horaire)
Il dit que c’est trop tôt. Sans lui expliquer délicatement les risques importants de fausses couches pendant les premières semaines, ni lui préciser que pour le moment, rien ne peut l’amener à penser que cela lui arrivera !
Ahhhhhhh Nulli a pris un coup. Déjà. Elle commence à se rendre compte que le match est loin d’être gagné !
C’est la mi-temps. (…)
Déjà presque 8 mois de grossesse. Madame Nulli a pris le rythme. Examen, balance, écho, prise de tension… le match est équilibré. Car son équipe est bien présente : son mari la dorlote, ses amies sont heureuses pour elle, sa famille prépare l’arrivée de bébé.
Attention, un changement dans l’équipe médicale ! Gygy, laisse sa place à la gynécologue de la clinique. On  s’y attendait, il avait prévenu dès le début du match qu’il ne pourrait pas tenir « jusqu’au bout ».
L’équipe de Madame Nulli observe la nouvelle joueuse. Elle semble assez sérieuse. La première visite a lieu. Elle trouve la tension de Nulli un peu haute, mais n’en dit pas plus. Elle souhaite faire une échographie de contrôle. Elle ne dit rien. Son silence est pesant.
Les minutes sont longues, finalement, après avoir noté plein de choses elle laisse repartir Madame Nulli dans son coin.
Elle a eu chaud, mais le répit est de courte durée pour l’équipe de Madame Nulli. Car la seconde visite approche. Cette fois, rien ne va plus : la tension est décidément trop haute, et surtout le bébé est beaucoup trop petit. Ça ne va pas du tout ! Sage femme à domicile pour une surveillance tous les 2 jours. Madame Nulli est sonnée. Choquée, elle tente de comprendre, mais cette nouvelle gynéco ne lui explique rien. À peine un « ça arrive, pour une première grossesse ».
Nulli est KO. Incapable de rentrer chez elle, elle appelle un taxi. De chez elle, elle contacte l’Homme, au bureau pour qu’il rentre, elle lui répète les mots cruels et inexpliqués de la gynécologue : « retard de croissance », « hypertension gravidique »… ou un truc du genre.
L’équipe de Nulli se mobilise, quel élan magniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifique : la recherche sur internet, par contre, aurait dû être évitée. L’homme découvre que l’enfant et la mère peuvent mourir. Rien que ça.
Les amis et la famille font des tours de garde auprès de Nulli, attristée, terrifiée, culpabilisée comme jamais. Elle cherche du réconfort dans les magazines spécialisés ! Mais ne trouve rien.
L’arbitre « Sage Femme » intervient enfin. Tous les deux jours, elle permet à Nulli de reprendre confiance. Elle lui explique enfin ce qu’il se passe, quels sont les vrais signes à observer pour éviter le pire, qui arrive extrêmement rarement, la rassure-t-elle.
A-t-on déjà vu un arbitre aussi merveilleux, j’vous l’demande, chers internautes.
Madame Nulli prend finalement conseil auprès de gygy, sur le banc de touche. Celui-ci accepte bien volontiers de la revoir, l’écho de contrôle qu’il effectue est parfait ! Certes, cela ne sera pas un « gros » bébé, mais il est tout à fait dans les normes ! C’est à n’y rien comprendre…
La dernière minute de jeu approche. Cette fois, Nulli ne rentrera pas chez elle après ce cours d’accouchement sans douleur (sic). Elle voit des « étoiles », la tension s’envole. L’équipe médicale sonne la fin du match : il faut tenir encore quelques jours mais sous surveillance à la clinique.
Madame Nulli est installée dans une chambre minuscule, à l’étage des jeunes accouchés. Ambiance. Prise de sang, écho, analyse d’urine. On la bouscule, on la somme littéralement de tenir encore 2 ou 3 jours « avant d’ouvrir ». Madame Nulli est épuisée. Elle tiendra 3 jours dans les arrêts de jeu. Bravo à elle.
Épilogue :
Gygy et la gynécologue de la clinique étaient en fait mari et femme. Ils ont débattu du cas de Madame Nulli chez eux. Ils ont même parié sur le résultat final, à savoir, le poids de l’enfant. Madame Nulli l’apprit, alors qu’elle avait les bras en croix et que la gynécologue de la clinique lui ouvrait le ventre. Elle fut bien heureuse d’entendre cette dernière annoncer devant toute l’assemblée : « ah ba mon mari avait raison, à vue de nez comme ça – soupesant la petite Choupie hurlante et poisseuse – elle doit bien faire ses 2KG 700)
Madame Nulli était contente. Elle s’est dit que c’était finalement une bonne chose d’avoir les bras attachés, sinon, elle en aurait bien collé une à la gynécologue et à son matériel d’échographie de merde.
*Merci à Marie de m'avoir prété un de ces termes de prédilection !

7 commentaires:

  1. Je suis fan, une excellente façon de nous expliquer les choses. J'adore le style d'écriture ^^

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  2. ah oui tiens, parlons en de l'accouchement sans douleur, c'te arnaque. Sinon, c'est qui qui a gagné au final??

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  3. rha, je l'ai eu cette echographiste folle qui disait que ca n'allait pas, la relou

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  4. Pnaise, c'est le parcours du combattant chez toi!

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  5. C'est vrai que c'est pénible quand chaque médecin a son diagnostic car on ne sait plus à qui se fier....surtout qd on est enceinte et qu on a besoin d'être rassurée!

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  6. Comme je compatis...Hypertension depuis le 3e mois ! Du coup clouée à la maison, du coup surveillée comme du lait sur le feu, du coup assez stressée de pas aller jusqu'au bout sans encombres...

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  7. Ca devrait beaucoup plaire aux hommes ce texte !

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